Quelques confusions condamnant au dialogue de sourds (2) : l’astrologie a-t-elle été une science ?

L’astrologie a-t-elle été une science ? Voilà une étrange question qui, contrairement aux apparences, est peut-être l’une des clés pour sortir du dialogue de sourds qui, depuis toujours, caractérise les échanges entre sceptiques et astrologues. Autrement dit, « l’astrologie est-elle une science ? » est peut-être une question à ne traiter qu’après en avoir terminé avec celle-là.

En effet, j’ai déjà constaté et constate encore que des astrologues (pas tous, donc) considèrent que l’astrologie est réellement une science. Pour ce faire, ils refusent par principe ou échouent à examiner les argumentations méthodologiques renvoyant aux définitions contemporaines (et non intuitives) de ce qu’est la démarche scientifique. Ils peuvent aussi céder à la facilité de biens des raccourcis logiques rendant « la science » responsable de tous les maux du monde contemporain tout en… oubliant les innombrables bienfaits qu’elle amène, a permis d’amener, permet de conserver et promet pour l’avenir. Là n’est pas la question mais on en approche quand même.

Car c’est  justement la dimension historique qui m’intéresse. Les astrologues ne disposant pas (dans la très grande majorité des cas) d’une formation scientifique, cette formation n’assurant pas non plus une familiarisation avec l’épistémologie du hasard quand c’est le cas, ils restent souvent victimes d’une image d’Epinal de la science. S’ils ne se sentent tout de même pas « scientifiques », ils sont convaincus d’être des savants. Ceci se remarque bien dès lors qu’ils en viennent à argumenter que « la science » est toute récente alors que « la science des astres » est, quant à elle, une grande dame venue de la nuit des temps. Ses représentants capitalisent donc leur assurance sur son ancienneté (bien que problématique) et peuvent aller jusqu’à affirmer que les scientifiques contemporains « ne sont pas assez évolués » pour se rendre compte 1) des limites de leurs connaissances et/donc 2) de la valeur de l’astrologie. Cette présentation des choses vous paraît caricaturale ? J’y suis régulièrement confronté.

Une réaction spontanée d’incompréhension est donc souvent présente chez les astrologues : l’astrologie est évidemment une science puisqu’elle en a toujours été une ! C’est évident en effet. Quoique… L’astrologie a-t-elle vraiment été une science et, si oui, quelles conséquences en tirer ? Elle est effectivement un thème récurrent dans le champ de l’histoire des sciences (l’histoire de l’astronomie en particulier) et ce n’est pas par erreur. Ces questions un peu différentes permettent de répondre autrement à celle plus commune « l’astrologie est-elle une science ? » en posant la question de l’évolution de la notion de science au cours de l’Histoire.

Il se trouve que j’aborde cette question dans le chapitre 14 de mon ouvrage « Astrologie : la fin des mystères (tome 1 : le fil vert) ». Une partie de ce chapitre intitulé « Quelques confusions condamnant au dialogue de sourds » est en accès libre sur le site TheBookEdition. Pour en prendre connaissance, vous pouvez cliquer ici puis, une fois sur la page de l’ouvrage, cliquer sur « LIRE UN EXTRAIT ».

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