Médias et horoscopes

Bibliographie chronologique : traitement récent de la question des horoscopes de presse dans les médias

1- Introduction
2- Ressources (chronologiques)

  • 2017-2018
  • 2013 – 2017
  • 2003 – 2011

Introduction

Quand on est journaliste (ou étudiant) et qu’on doit rédiger un article (un mémoire) ou monter une émission sur le thème des horoscopes (comme de l’astrologie), on est souvent démuni. Or, à propos des horoscopes, depuis fin 2013 les médias ont réussi à trouver un nouvel angle d’approche : celui des faux horoscopes produits aléatoirement par des entreprises privées. On trouvera plus bas une chronologie récente des différents articles / reportages sur ce thème. Qui contacter pour un entretien, un débat ? Qu’est-ce qu’un spécialiste de la question ?

L’astrophysicien pour la question astronomique ? L’astrologue pour la question pratique ? Le sociologue pour la question collective ? Le philosophe pour la question de la croyance ? Le sceptique pour l’ensemble de ces questions ? Ah non, pas le sceptique. Pardon ?

Les « sceptiques » les plus médiatisés depuis les années 90 sont les zététiciens (dont je fais partie) mais, depuis quelques années, l’approche (plus épistémique, moins pathos dans le militantisme) a évolué. Le zététicien est moins un chevalier zélé visant à sauver la veuve et l’orphelin des méchants charlatans que, plutôt, quelqu’un qui vise à diffuser les outils élémentaires de l’esprit critique afin que chacun puisse les utiliser par soi-même de façon autonome. Un sceptique n’est pas quelqu’un qui ne croit pas / méprise les croyances, mais quelqu’un qui doute de façon méthodique avant de se faire un avis. Un sceptique (un zététicien) n’est ni un paranoïaque, ni un complotiste, ni seulement un philosophe (la question de l’expérimentation prime), ni quelqu’un « qui hésite » seulement. C’est au contraire quelqu’un qui doute activement (d’où l’importance de la méthode) et qui reconnait ses erreurs quand il se trompe. Un sceptique n’est pas non plus un nihiliste (le monde existe-t-il vraiment ?) car s’il connait les limites de la démarche scientifique ou de nos capacité à connaître le monde en soi, il n’en infère pas l’impossibilité de le connaître. Il recherche plus la vérisimilarité que la vérité à proprement parler.

Assez au fait des débats et controverses, le sceptique est bien souvent mieux et plus documenté que l’astrologue lui-même (qui néglige ou rejette la question de l’erreur, ce en quoi il ne maîtrise pas vraiment son outil astrologique). Si les horoscopes continuent de proliférer c’est aussi pour deux raisons inattendues : 1) les astrologues ne font pas la promotion des critiques (doit-on s’en étonner ? Non) et 2) les médias non plus (doit-on s’en étonner ? Oui !) car il est difficile de trouver un sceptique spécialiste de la question / le sujet n’est pas pris au sérieux.

Sur les horoscopes, ou l’astrologie en général, il existe pas mal de productions récentes aux formats vidéos et podcasts et je suis l’un des spécialistes de la question pour une raison très particulière : j’ai été moi-même un tenant qui, à force de remises en question, est passé du côté sceptique (je décris cette « déconversion » progressive dans mon ouvrage paru en 2016). J’apporte donc mes compétences techniques à l’analyse critique de l’astrologie et y ajoute quelques compétences en histoire et philosophie des sciences (master, histoire de l’astronomie / Kepler).

Ci-dessous, vous aurez accès à ce qui se fait de plus récent sur la question de l’apparition des horoscopes de presse dans les années 30 (ce que les astrologues ne connaissent pas). L’enquête n’est pas terminée (au jour du 15 / 01 / 2018), elle sera riche de surprises dans les prochains mois avec un ouvrage en cours de rédaction sur leurs conditions d’apparition en France. Cela me permettra de faire le lien avec le chapitre 2 de mon ouvrage de 2016 dans lequel je décrivais les circonstances rocambolesques qui permirent à l’astrologie d’intégrer la presse anglaise (déjà dans les années 30).

Les astrologues sont des professionnels de la pratique de l’astrologie, je suis le seul professionnel de l’analyse critique de l’astrologie.

Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez le faire en cliquant ici.

Ressources bibliographiques et chronologiques

  1. 2017 – 2018
  2. 2013 – 2016
  3. 2003 – 2011

2017 – 2018

2017 2 janvier : L’oeil du 20h sur France 2 (ou comment des horoscopes de presse sont générés par du simple copier-coller aléatoire dans les horoscopes précédents). Ce reportage de Lila Bellili (que j’avais eue au téléphone à cette occasion) fait ressurgir un travail réalisé courant 2013 (voir plus bas) par l’informaticien Johan van Santen.

2017 18 janvier : Astrologie : qui écrit vraiment les horoscopes des journaux ? Dans cet article, l’astrologue Philippe Regnicoli reprend les contenus des différents articles et travaux des années précédentes (voir plus bas), dont celui du reportage de France 2, diffusé deux semaines plus tôt.

2017 30 janvier : Faut-il croire aux horoscopes ? BFM TV demande à un astrologue s’il croit aux signes astrologiques, pffff… De plus, subjectivité ou amateurisme ? « L’horoscope c’est comme la météo » mais quand deux horoscopes sont différents, cela vient de la subjectivité de l’astrologue (qui ne sait pas choisir entre toutes les configurations disponible). Si un météorologue annonce du beau temps et un autre du mauvais temps, est-ce de la subjectivité ? N’y a-t-il pas une autre alternative possible (complexité, arbitraire, etc.)

2017 mars : Signes astrologiques et tradition (court extrait vidéo d’une conférence) : quand les astrologues des années 30 reprochaient à leurs confrères de trop se référer aux signes astrologiques.

2017 19 mai : Astrologie : les mauvaises critiques Collaboration vidéo Youtube avec la chaîne zététique Hygiène Mentale : visualisation animée des copier-coller des horoscopes. J’ai mis en contact Christophe Michel et Johan van Santen.

2017 3 août : Dans les secrets des horoscopes d’un gratuit. NRJ12 reprend le sujet développé par France 2 en janvier en allant rencontrer Johan van Santen, qui a mis en évidence les copier-coller de l’horoscope de 20 min sur quatre années de suite. A noter que, d’après Johan van Santen, l’émission aurait été tournée près d’un an plus tôt.
Le 3 août, 20min publie une réaction dont on ne sait si elle est autoparodique : Exclu ! NRJ12 découvre que les horoscopes c’est même pas vrai. En effet, il semble que l’article d’Alice Coffin publié en 2013 autorise moralement 20min (c’est bien pratique) à continuer la publication de son horoscope bidon. Cela dédouanerait le journal de ses responsabilités… Pourtant, sur la page de cette tribune, le moteur automatique du site renvoie à des articles au contenu moins évident, profitant de la bêtise des horoscopes pour mettre en valeur l’astrologie en général. Quel dommage que 20min ne joigne pas à son horoscope quotidien un texte du style « nous publions cet horoscope mais considérons qu’il est bidon » (rien de tout cela pour l’instant, à en croire celui du mardi 16 janvier 2018 en page 8)…
A noter encore que cet article de 20min renvoie vers un autre article du journal dans lequel j’ai été piégé et dont j’ai contesté le contenu dès sa publication. Beaucoup de bêtises sur le plan astronomique mais le journaliste, auteur de l’article, continue d’affirmer (et surtout : croire) que son article a un intérêt astronomique. Un certain « pouvoir » de la presse : écrire parfois n’importe quoi (cela arrive à tout le monde) mais ne corriger que si on le décide.

2017 14 octobre : Idées reçues : l’apparition cocasse des horoscopes de presse dans les années 30 (Angleterre et France).

2018 12 janvier : Le business de l’astrologie : l’arnaque du siècle ? la Quotidienne de France 5

2013 – 2016

2013 : J’ai prouvé que l’horoscope du 20mn était bidon ! Ce billet de blog de l’informaticien Johan van Santen va malheureusement passer inaperçu dans les médias jusqu’à janvier 2017 (reportage de France 2). Puis Johan apparaîtra systématiquement dans les reportages qui suivront. Le jeune homme voulait démontrer à sa mère que les horoscopes de 20min ne valent rien et il mit au point un programme qui lui permit de lister toutes les prédictions / conseils des horoscopes de ce journal. Et de constater les copier-coller qui y sont omniprésents.

2013 21/22 novembre : Les coulisses des horoscopes (version courte pdf page 20, version longue ici). Alice Coffin est la première à découvrir que l’astrologue horoscopeuse Alexandra Marty n’existe pas : une entreprise vendait (et publiait en son nom) de nombreux horoscopes générés aléatoirement par informatique. Le texte long développe la position des sociologues.

2013 27 décembre : Faut-il croire aux horoscopes ? Débat sur Europe 1 face à l’astrologue Jacques Halbronn. J’en profite pour aborder la question d’un point de vue technique.

2015 3 janvier : Comment sont fabriqués les horoscopes ? Interview pour le magazine Réponse à tout.

2016 février : L’astrologie ! Le passage ci-dessous de l’entretien live, pour la chaîne Youtube La Tronche en Biais, est consacré à l’origine des horoscopes de presse.

2016 mars : parution du livre « Astrologie : la fin des mystères » (ouvrage critique). Le chapitre 2 présente pour la première fois en langue française l’apparition des horoscopes de presse dans l’Angleterre des années 30 : « Il y a 80 ans (1936), le premier horoscope de presse ! ». Le chapitre 11 traite de la question de « L’astrologie dans les médias » (dont 11.2 sur les contradictions techniques des horoscopes de presse).

2016 mai à septembre : Dossier « Une princesse, un crash, des morts : la naissance des horoscopes de presse ! » publié sur ce site internet.
– la naissance attendue d’un Royal Baby (1930)
– la prédiction erronée du crash du R101 qui rend célèbre l’astrologue RH Naylor
– la diffusion de son astrologie des années 30 sur de multiples supports : journaux, disques et… cinéma !
– la concurrence entre astrologues, la gestation du premier horoscope signe astrologique par signe astrologique durant toute l’année 1936
– le rejet des horoscopes de presse (et de l’importance donnée aux signes astrologiques) par… les astrologues en place !
– les horoscopeurs des années 30 ont-ils prévu la 2nde guerre mondiale ?

2016 22 décembre : Il y a 80 ans : le premier horoscope de presse (compléments au dossier ci-dessus)

2003-2011

2011 7 novembre : Astrologie : pourquoi il n’y a aucune déontologie dans ce milieu anarchique. J’avais rédigé cet article pour le site internet de l’Obs alors que j’étais encore à la limite entre tenant et sceptique afin de montrer comment rendre compte du prisme médiatique (décrit ci-dessous).

2011 20 octobre : Comment l’horoscope de presse tue l’astrologie à petit feu ? J’avais rédigé cet article pour le site internet de l’Obs alors que j’étais encore à la limite entre tenant et sceptique afin de montrer comment le praticien considère (mal) les horoscopes de presse. Comment aussi, les « horoscopeurs » ne sont pas représentatifs du milieu astrologique.

2011 17 avril : Le prisme médiatique de l’astrologie. Publié sur mon vieux site internet (donc disponible jusqu’à l’automne 2017), j’expliquais les conséquences du fait que les astrologues qui publient des horoscopes et passent dans les médias NE SONT PAS les mêmes que ceux qui sont impliqués dans le milieu astrologique. Qui militent à la tête des différentes associations et / ou publient des ouvrages théoriques. La place réservée aux horoscopes dans la critique sceptique est démesurée par rapport à ce qu’ils représentent dans le quotidien de l’astrologue.

2009 27 janvier : Sur les origines, l’apparition, le succès et quelques contradictions des horoscopes de presse. Publié sur mon vieux site internet (donc disponible jusqu’à l’automne 2017), je décrivais l’apparition des premiers horoscopes de presse dans les années 30 en me référant à l’étude sociologique de Morin / Fischler de la fin des années 70. On découvrait que l’astrologue Marie-Louise Sondaz avait publié le premier horoscope distinguant entre les signes astrologiques dans Marie-Claire à la fin des années 30. Mais aussi qu’elle aussi fait précéder ce format par un autre où les lectrices étaient distinguées entre… blondes, brunes et rousses ! Je donnais ensuite quelques exemples de contradictions techniques qui, d’un point de vue purement astrologique, montrent en quoi les horoscopes de presse sont irrecevables.

2004 fin décembre : Horoscopes, le conflit intérieur ; les prédictions collectives sont-elles naturelles ? ; Utilité et avenir. Bien avant mon passage au scepticisme, je relançai la question des horoscopes de presse à travers un long dossier publié dans le bulletin astrologique de la Fédération Des Astrologues Francophones (Lettre des Astrologues 36, solstice d’hiver 2004). J’y insistais notamment sur les enjeux collectifs des dégâts causés par les horoscopes de presse (image de la discipline, répulsion des meilleurs esprits, recrutement des plus crédules, inertie de la communauté, etc.). Les astrologues et les horoscopeurs ne cohabitent pas vraiment…

2004 mai : Presse féminine et astrologie. Un long article du sceptique Laurent Puech pour l’Association Française pour l’Information Scientifique fait le point sur l’intérêt des magazines à publier un horoscope. Il présente aussi l’avis des sociologues (ce que reprendra Alice Coffin en 2013).

Eté 2003 : Pour une utilisation plus mesurée des horoscopes dans les médias. Pour la petite histoire, j’entrais en contact avec le monde astrologique pour la première fois de ma vie (donc bien avant de passer du côté des sceptiques en envoyant un long dossier (30 pages A4). Les destinaires : la Fédération Des Astrologues Francophones (dont j’allais devenir trésorier au mois de septembre), la biologiste pro-astrologie Suzel Fuzeau-Braesch (alors membre d’honneur de la FDAF) et l’astrologue Elizabeth Teissier (qui me renvoya vers la FDAF).

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à me contacter par mail en cliquant ici.

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